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Le sexe japonais linceste sexuel

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Il existait également différentes modalités de mariage par rapt Nihon o Malgré d'influence unificatrice de da législation de Meiji, ces coutumes ont survécu jusqu'après la guerre. La sexualité n'imprègne pas da totalité des relations entre époux ; elle a un rôle partiel, bien circonscrit. Nous citerons l'exemple d'un homme, qui, en , a reçu une médaille nationale récompensant sa conduite exemplaire d'homme japonais, pour avoir divorcé successivement de deux épouses qui ne lui déplaisaient pas, mais qui ne convenaient pas à sa mère lenaga, Cet exemple illustre les tensions que la jeune femme devait subir de la part de sa belle-mère.

La relation de la mère à ses enfants était très étroite et le restait lorsque ceux-ci grandissaient ; aussi il lui était souvent insupportable de partager l'amour de son fils avec l'épouse de ce dernier. Nous citerons, parmi beaucoup d'autres de même signification, une sentence populaire: Nous avons vu que le rapport sexuel lui-même, pas plus que la connaissance du corps ne sont culpabilisés.

Mais l'homme est tourné vers le dehors et la femme vers le dedans. La vie sociale commune aux époux, confondue avec celle de la maisonnée, se borne aux réceptions rituelles à l'occasion des cérémonies familiales mort, mariage, fête marquant l'entrée de l'enfant dans une nouvelle étape de sa vie.

Il n'existe pas d'occasion où le couple invite ou soit invité à l'extérieur. Par contre les visites familières, non formalisées, des voisins ou voisines sont fréquentes. La vie sociale de la jeune femme, limitée à la maison et au proche voisinage, est centrée sur les affaires domestiques. C'est donc dans la sphère domestique, auprès de ses enfants, qu'elle pourra trouver une issue à son affectivité et à ses pulsions réprimées ou insatisfaites.

Les hommes par contre ont la possibilité de chercher hors de la maison des satisfactions d'ordre social et sexuel. Le développement des quartiers de plaisir des grandes villes japonaises autorisés jusqu'en est un fait bien connu et, jusqu'à une époque récente, il était courant dans les couches aisées de la population qu'un homme prenne une maîtresse hors de la maison. Les rapports de séduction et d'échange galant, difficiles dans le cadre de la sociabilité domestique, ont leur lieu et leur formalisation dans les bars, les restaurants et salons de thé à fréquentation masculine dont les hôtesses doivent incarner l'image de la séduction féminine.

Cette pratique s'est perpétuée et a trouvé avec le développement de la sociabilité d' entreprise " sa forme contemporaine. A son arrivée dans la maison, elle se trouve dans une situation difficile à l'égard de sa belle-mère et de son beau-père.

Elle a des relations distancées avec son époux, et c'est par rapport â ses enfants qu'elle va définir sa place. Le comportement socialement attendu de l'épouse par rapport à son époux est significatif.

L'épouse doit être réservée, prendre soin de lui en devançant ses désirs, dans les détails de la vie domestique comme dans les rapports sexuels. L'époux attend de sa femme une attitude enveloppante et maternelle, en même temps que, placé en situation de supériorité, il lui impose ses désirs en ayant pour elle, s'il est bon époux, quelque douceur et tendresse dont les manifestations sont discrètes vis-à-vis de l'extérieur.

Il semble donc que les rapports entre époux et plus généralement les rapports entre homme et femme soient modelés par le type de rapports développés entre la mère et l'enfant.

L'image idéale de la mère est très forte au Japon, c'est celle du sacrifice et du dévouement à ses enfants et à travers eux à la famille. Cette image a dans la pensée populaire une valeur universelle et tend à être sacralisée.

Kannon, déesse de la miséricorde, dont le culte a été introduit avec le bouddhisme chinois, représente au Japon l'image religieuse de la mère qui est aussi une figure salvatrice soutien et salut de l'âme. Yamamura, dans son ouvrage Les Japonais et leur mère Yamamura, , rend compte du redoublement de l'image de la mère et de celle de la femme. Nous reprendrons ce bref récit qu'il rapporte parmi plusieurs autres de même signification.

Yoshikawa, célèbre écrivain populaire, raconta que son père ayant ruiné la famille, sa mère avait beaucoup souffert de la pauvreté. Un jour le mari, malade, dit à sa femme: Kannon, c'est l'image de la femme qui renonce à elle-même pour son mari et ses enfants, pardonne tout et devient ainsi l'ultime recours. Cette dénomination exprime une association évidente, mais rarement explicitée par les auteurs japonais. L'interprétation en profondeur de ce type de relation renvoie-t-il à une structure psychique et à une forme d'intégration de la sexualité spécifiques?

C'est ce que pensent actuellement un certain nombre de chercheurs japonais qui entendent construire a partir de la réalité japonaise, leur cadre d'interprétation. Ils s'inscrivent contre le courant dominant jusqu'ici qui s'attachait à transposer les concepts et schémas d'interprétation venus de l'Occident.

Ne trouvant pas le schéma freudien du triangle oedipien satisfaisant pour une interprétation en profondeur de la psychologie japonaise, plusieurs auteurs développent actuellement leurs analyses en s'appuyant sur le complexe d'Ajazé Davoine et Gaudillère, Il s'agit d'une interprétation élaborée ir partir d'un mythe d'origine bouddhique, entièrement centrée sur les relations mère-enfant, l'interprétation du meurtre fantasmatique du père étant rejetée.

Dans un ouvrage récent, K. Okonogi interprète ainsi le mythe d'Ajazé 1 Dans la relation mère-enfant existe d'abord l'union avec l'image maternelle: La reconnaissance du crime et le pardon sont réciproques.

Okonogi dégage de cette interprétation trois éléments structurants de la psychologie des Japonais: Okonogi, la relation de type fusionnel développée entre la mère et l'enfant sert de matrice à l'ensemble des relations dans la société japonaise, qu'il s'agisse de relations entre personnes de sexe opposé ou de même sexe.

Il développe notamment ce point à propos de la socialité masculine, si importante au Japon, en prenant l'exemple des beuveries au saké. Ce qui importe est le plaisir de la réciprocité, le caractère d'union que comporte le fait de boire avec quelqu'un on ne se réjouit pas seul, mais en superposant son plaisir à celui de l'autre. En constatant réciproquement le degré d'avancement dans l'ivresse, s'approfondit la communication des sentiments. Ceci permet notamment d'extérioriser son mécontentement ; ce qui est difficile dans une situation normale relations hiérarchiques et donc situation asymétrique des interlocuteurs est selon une convention implicite admis dans les beuveries au saké.

Dans cette forme de socialité, ce qui importe n'est pas l'intérêt de la conversation mais le fait d'aller dans la même direction que l'autre, la convergence des sentiments. Dans la sphère féminine, le terme d'idobalakaigi litt. Okonogi reste remarquablement discret sur les implications sexuelles de son interprétation, il emploie les mots union ou fusion pour désigner la relation mère-enfant, évitant de s'interroger sur le fantasme de l'inceste pourtant clairement sous-jacent à son interprétation.

L'interprétation de Yamamura converge avec celle de Okonogi pour souligner le rôle structurant de l'imago maternelle et y rattacher la culpabilité. Dans le processus de sublimation où elle est engagée, la mère s'efface devant le désir de ses enfants, et, recevant tout d'elle, ils se trouvent dans l'impossibilité de compenser ce don. Cette interprétation apporte deux autres points intéressants concernant la dynamique de l'action et le rattachement de la mort à la figure maternelle.

Yamamura constate tout d'abord que les actions difficiles, demandant un effort, sont rapportées à l'image de la mère, qu'il s'agisse d'actes quotidiens ou d'exploits. Lorsque la presse japonaise relate des actes sortant de l'ordinaire, crimes ou exploits, la première question est: Le rattachement de la mort à la figure maternelle est beaucoup plus significatif sur le plan de la sexualité ; mais l'auteur laisse cette implication dans l'ombre.

Dans la pensée japonaise, l'idée de la mort est associée, avec celle de la naissance, à l'image du repos, du retour au sein maternel. Il cite ce poème écrit en pour une mère apprenant la mort de son fils à la guerre: Elle est morte à soixante-quinze ans, j'en ai quatre-vingt-un. C'est en un sens de fusion avec la femme, mêlée à l'image maternelle salvatrice, que K. Yamamura interprète les suicides relativement fréquents de jeunes couples qui mouraient ensemble shinjü quand leur mariage était contrarié.

Il semble que l'association de la mort à l'image maternelle et, par là, à l'image féminine soit un des traits les plus ambigus et les plus difficiles à interpréter de la sexualité japonaise. L'ambiguïté est d'autant plus grande que dans la tradition japonaise c'est l'homme, dont l' emblème est le sabre, qui est porteur de la mort. Ceci nous ramène à la question centrale, éludée par les auteurs que nous venons de citer, le fantasme sexuel dans la relation mère-enfant et la place du père dans cette relation, qui, si elle n'est pas oedipienne, n'en est pas moins triangulaire.

Même si nous admettons le rôle structurant de la relation mèrefils, la question des identifications paternelles et de leurs implications ne peut être laissée de côté dans une approche de la sexualité. Si nous nous reportons à la période qui a précédé la modernisation du Japon, l'ère Edo, au moins pour la classe dominante, la noblesse, les références à une image paternelle forte sont constantes. Nous nous proposons donc de réfléchir aux transformations intervenues pendant la période de formation du Japon moderne ère Meiji afin d'avoir une base plus précise nous permettant de poser le problème des identifications maternelles et paternelles dans la société japonaise contemporaine.

Nous avons vu que le système des relations à l'intérieur de la famille a peu changé de l'époque féodale ère Edo à l'ère Meiji. Ce qui a changé, et très considérablement, c'est le statut de la famille dans la société. A une longue période de stabilité où la place de chaque famille était figée par le système des ordres sociaux, succède une période de mutations.

Or, dans la société japonaise, l'image de la famille et celle du père se confondent. La première enfance se passe dans un monde à dominante féminine, très permissif, où, dans la distanciation des relations entre les parents, le jeu des premières identifications semble se constituer à partir d'un rapport mère-enfant conforme au schéma que nous avons indiqué plus haut, le père trop distant n'apparaissant pas directement comme un rival pour l'enfant.

Surtout, dans les familles nobles, le père, effrayant, un peu surhumain, apparaît situé dans un univers hiérarchique supérieur. Pour l'enfant, son image serait plus proche de celle du tonnerre que de celle d'une personne rivale. L'image paternelle est supportée par un système en chaîne où le père occupe une place qui renvoie aux ancêtres dont la présence dans la maison est attestée par l'autel des ancêtres et au seigneur féodal.

Il semble que les relations avec l'image paternelle et avec le suzerain se constituent à partir du mode de relations que l'enfant a déjà noué avec la mère, et qu'il se produise une sorte de retournement du modèle de dévouement et de consumation où l'enfant prend la place de sa mère. Le père, supérieur à l'enfant, est lui-même dans une situation subalterne par rapport aux ancêtres, au suzerain, aux personnes plus âgées de même rang, etc.

La loi régit des relations hiérarchiques et non égalitaires. Le dévouement qu'un noble japonais doit à son suzerain va jusqu'au sacrifice de sa vie. Le seppuku est une figure concrète de la mort chaque guerrier en apprend et répète les gestes dès l'enfance , symbole de la relation avec le suzerain, il ne prend sa pleine efficacité sociale que s'il a lieu sur l'ordre ou avec l'accord de celui-ci.

La forme du rituel renvoie aux valeurs, aux symboles et aux gestes virils du salut. Cependant, à l'analyser plus en profondeur, transparaît derrière cette forme l'association de l'image de la mort au repos et au sein maternel. Et nous pouvons reprendre l'interprétation d'Okonogi qui rattache l'image de la mort au processus de rupture de la relation fusionnelle mère-enfant, dont l'enfant fait porter la responsabilité et le ressentiment d'abord sur la mère.

Reste à savoir par quel processus l'enfant reporte ainsi son ressentiment sur un père qui lui apparaît inaccessible. Nous pensons trouver une réponse partielle dans l'intrication 'le la figure de la mort et des images parentales. L'acceptation de sa propre mort comme une valeur fondamentale de la culture des guerriers se comprend mieux ù partir de l'association première de la mort ù la douceur maternelle tachée d'ombre.

De plus, l'éducation des enfants nobles donne forme à cette image fantasmatique, car c'est la mère qui, la première, instruit l'enfant dans ce système de valeur où la mort est sans cesse présente. Ainsi, dans les récits de vie de guerriers, il est souvent rapporté que face à son jeune fils qui a manqué de courage ou s'est mal conduit, la mère, prenant un sabre, menace de le tuer et de se tuer avec lui s'il persiste à se montrer indigne de porter le nom de la famille.

La mère va s'éloigner de l'enfant qui grandit, en lui laissant la mort qui s'intègre au support de ses identifications viriles. Mais en , avec la destruction des ordres féodaux, ce système de valeur légitimation d'une autorité qui reposait sur les armes où la mort tenait une place centrale et dont la symbolique était celle du sabre va perdre son fondement. L'articulation de la figure du père et de la mort - emblème du pouvoir - est rompue. Cependant, en même temps que le gouvernement de Meiji détruit les ordres féodaux et abolit leurs privilèges, il impose paradoxalement à toutes les classes l'organisation et la morale de la famille noble, et la morale officielle va explicitement reporter sur l'empereur le dévouement jusqu'à la mort dû par le vassal à son seigneur, ceci avec une efficacité.

Sans prétendre dans le cadre de cet article traiter le problème des identifications masculines et de leur réarticulation au cours de l'ère Meiji, nous avons tenté de mettre à jour certaines questions: Les love-hotels location de chambre à l'heure qui ne sont pas spécialement destinés à la prostitution se multiplient, offrant souvent des équipements sophistiqués.

La prostitution, tolérée, continue sous des formes renouvelées à faire référence à sa tradition d'art de la séduction et de la jouissance. Significative est la mode éphémère des cafés où les serveuses en mini-jupe ne portaient pas de slip. L'interdiction et le désir s'équilibrant entre celles qui se montraient et ceux qui les regardaient avec discrétion.

La lave du volcan ressort entre les multiples interdits sociaux et moraux. De l'inceste à l'infanticide, les journaux multiplient la résonance des faits divers d'ordre sexuel et insistent sur la crise de la famille. C'est là, ce qui, sur le ton du fait divers et du scandale, est montré des changements qui affectent la sexualité.

En arrière-plan, ce qui reste implicite hon-ne et que pourtant chacun connaît est un affranchissement des jeunes générations à l'égard des contrôles sociaux, avec en particulier l'extension des relations sexuelles prénuptiales, surtout en milieu urbain.

Même si, aujourd'hui encore, un certain nombre de mariages se font sur présentation, au cours des années cinquante et soixante, les Japonais sont passés du système des mariages décidés par la famille aux mariages par consentement mutuel, avec accord de la famille.

Bien que nombre de Japonais continuent d'habiter avec leurs parents, la tendance à l'accroissement de la proportion de familles nucléaires, qui dès avant la guerre était liée aux migrations urbaines, a pris une nouvelle ampleur. Est-ce à dire qu'avec les conditions de vie et de production contemporaines, la famille japonaise se modèle aujourd'hui doucement sur ses homologues occidentales, triangle oedipien et relations égalitaires?

Ce serait simpliste ; l'expérience vécue des parents d'aujourd'hui est celle des rapports familiaux que nous avons décrits et c'est sur cette base, décalée par rapport à certaines conditions objectives de vie que s'établissent des rapports entre hommes et femmes et que ceux-ci élèvent leurs enfants.

D'où provient cette évidence du pouvoir féminin, alors que, explicitement tatemae , dans les rapports de couple, l'homme continue de détenir l'autorité et la femme de le servir? Cela tient peut-être à une contraction des relations de la famille large dans la famille conjugale où la femme cumule vis-à-vis de son mari les positions d'épouse et de mère.

L'affaiblissement de l'autorité paternelle et hiérarchique se reflète dans le langage par l'abandon progressif des formes traditionnelles de politesse. Cependant, il semble que les jeunes, même à travers leur révolte', continuent de se référer au modèle traditionnel.

Plutôt que de tenter d'analyser les facettes changeantes de la modernité japonaise, nous avons cherché à faire apparaître ce que met en cause, dans la société japonaise, la modification des. La question des relations familiales est au centre des interrogations soulevées par la modernité japonaise. L'originalité du modèle traditionnel japonais nous semble résider dans la place que tient la figure de la mort dans l'articulation entre une image paternelle autoritaire inscrite dans une chaîne hiérarchique et l'image de la mère japonaise.

Nous avons essayé de saisir les transformations de ce modèle au cours de la période de l'industrialisation au Japon, faisant apparaître au sein de la famille large la dissociation de l'image paternelle et de la puissance de mort, et le renforcement de l'image maternelle. Si ce qui est en cause aujourd'hui est l'articulation de la figure maternelle à la relation fusionnelle et à la mort, c'est une des bases profondes de la culture japonaise qui vacille.

Gaudillère, A propos d'Amué, in Critique, no , janv. Doi, Amaé no Kozo, trad. Saunders, Le jeu de l'indulgence, Ed.

Fujibayashi, Sei fudoti Description historique et géographique de la sexualité , Japon, Kojiki, Chronique des choses anciennes, Introduction et traduction M. Nakane, La société japonaise, Paris, A. Nihon o shiru sho jiten, Petit dictionnaire pour connaître le Japon en 6 vol.

Shakaï- shiso -sha, Schipper, Le corps laoiste, Paris, Fayard, Yanagida, Oeuvres complètes, vol. Mizuhayashi, , et Van Gulik, Aux époques archalques on donnait un titre hiérarchique aux lies comme aux êtres humains.

Un noble japonais change de nom plusieurs fois au cours de sa vie. Le changement de nom est lié d'abord aux étapes de l'approche de l'âge adulte, puis ensuite à la fonction sociale remplie. Le nom de la lignée ou maison reste fixe. Fait historique Je note simplement que l' homosexualité masculine était connue et admise depuis bien longtemps au Japon. Référez vous au film "gohatto" pour les moeurs de bushi de l'époque classique ou bien aux "onnagata" du théâtre.

Je ne mentionne qu'en passant l'oeuvre de l'immense Mishima Yukio. Reportez vous à l'article "Le plus Français des Japonais" sur http: Je ne crois pas que ce soit si evident. Gohatto veut dire tabou et c'est bien de ca que parle Oshima. Je continue de lire Et là, je crois que je vais m'y mettre!! Alors oublie ce film Mirumo et reporte toi aux autres références que je donne. Tu verras que les Japonais des siècles passés n'ont pas été atteint de la bigoterie compulsive de la majorité des occidentaux à ce sujet.

Au pire, ça leur fera une nouvelle expérience. Julie prend déjà la pilule, mais Mark met un préservatif, pour plus de sûreté. Ils apprécient tous les deux cette expérience, mais décident de ne plus jamais recommencer. Cette nuit deviendra leur petit secret, ce qui les rapproche encore plus l'un de l'autre.

Si vous êtes comme la majorité des gens qui ont eu à répondre à cette question perverse, posée par Jonathan Haidt dans une étude de psychologie morale devenue depuis classique, votre esprit surchauffé doit être en train d'envisager une réponse du genre:. Et si vous êtes, là aussi, comme la majorité des participants à cette étude, vous aurez tout le mal du monde à justifier votre opinion.

Parce que l'inceste augmente les risques d'avoir des enfants gravement handicapés? Votre argument est invalide: Parce que c'est illégal? Pas en France, messieurs mesdames, pas en France: Si la relation est librement consentie et concerne deux personnes qui ont dépassé l'âge de la majorité sexuelle, fixé à quinze ans, elle ne tombe pas sous le coup du code pénal.

Parce que ça pourrait les traumatiser psychologiquement? On vous dit qu'ils ont aimé l'expérience, et qu'ils en sortent encore plus soudés qu'avant. Parce que c'est dangereux pour la société? La société n'en saura rien, vu qu'ils gardent précieusement ce secret. Au final, si vous êtes, là encore, semblable aux sondés initiaux, vous allez bien être obligé d'admettre que, même si vous ne pouvez pas vraiment dire pourquoi, c'est affreux. Voilà, c'est votre intime conviction, vous le savez et ça suffit, et qu'on insiste pas, sinon vous allez rendre.

Cette étude conçue au départ pour montrer que nos jugements moraux sont bien plus émotionnels que rationnels et que la rationalisation tient plus d'une sorte d'opération de la deuxième chance que d'un réflexe fondamental à notre être intrinsèque, nous autres individus à gros cerveaux , vient de connaître ces jours-ci une amusante traduction avec une décision de la Cour européenne des Droits de l'Homme.

Patrick Stübing, c'est son nom, avait en effet saisi cette haute autorité en considérant qu'en le condamnant ainsi, la justice allemande avait violé son droit au respect de la vie privée et familiale. Outre-Rhin, la fin provisoire? Dans les colonnes de " Bild ", le député vert Hans-Christian Ströbele a ainsi déclaré:.

Un avis pour le moins modéré , qui n'a pas été du goût de tout le monde, loin de là, à commencer par les journalistes du tabloïd pour qui le politicien:. Selon son perfide raisonnement, si deux adultes veulent avoir des relations sexuelles, alors personne ne devrait pouvoir leur interdire de le faire.

Mais quand une fille de 18 ans couche avec son grand frère ou son père, cela peut-il réellement se produire de façon volontaire? Ou est-ce le produit d'un chantage affectif? Et la notion de 'volonté' n'est-elle pas précisément l'argument odieux dont se servent les agresseurs pour justifier leurs crimes? L'inceste est un crime moral parce qu'il est quasiment toujours accompagné d'abus et d'asservissement. Voilà pourquoi il est heureux que les juges aient aujourd'hui décidé de maintenir son interdiction.

Clair, précis, tranché, germanique oui, je me permets quelques stéréotypes faciles, laissez-moi. Le souci — en vous faisant l'économie du décorticage de volonté commun à taaaaaaaant de débats actuels migrainogènes — c'est qu'on n'est pas loin de l'argument circulaire: Parce qu'il est répréhensible. Et pourquoi est-il répréhensible? Patrick naît en dans une fratrie de huit enfants.

À quatre ans, battu par son père, on le confie à une famille d'accueil. S'en suit la naissance d'Erik en , de Sahra en , de Nancy en , puis de Sofia en Et la question que je me pose aujourd'hui mais vous l'aurez deviné: Dans ce couple "incestueux", nous avons affaire a deux frère et soeur qui n'ont pas été élevé ensemble. Ils ce sont connu tardivement. Quand ils ont couché ensemble pour la première fois ensemble, étaient-ils vraiment frère et soeur?

Ou juste deux jeunes gens paumés, l'un face à l'autre, sans soutient, sans aide? Pour moi, dans ce contexte, la question est là

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Enfin… tu ne crois pas si bien dire: Cela se passe parfois quand les personnages masculins tombent sur la fille dont ils sont amoureux… donc je pense que les deux choses sont liées. Tu écris, page , que la femme japonaise peu à peu se révolte contre son confinement à la fonction de poupée ; par opposition, tu rappelles que nombreuses sont celles qui continuent cependant de se raser le duvet du visage.

Est-ce mal, de se raser le duvet du visage? Quelle est ta position par rapport à ça? Des poupées… malines, et sorcières. Ils en prennent pour leur grade dans ton livre Et dans la société japonaise! Il faut voir de quoi ils sont partis, aussi. Le Japon au sortir de la guerre était à genoux. Les retombées de ce sacrifice collectif pour la reconstruction sont encore dévastatrices.

Bien sûr, chaque homme était un pion. Mais relever ainsi un pays de ses cendres… ça reste admirable. Tu parles un peu des gays au Japon… A. Une raison à cette absence tout à fait notable? Ce ne sont pas des lesbiennes. Tous les plaisirs, sans distinction de sexe ou de genre. Mais pas le yaoi: Dans les mangas gays par exemple ceux de Gengoroh Tagame , les personnages sont virils, baraqués, musclés et obsédés par le phallus.

Le fameux Yama nashi, Ochi nashi, Imi nashi pas de point culminant ; pas de résolution ; pas de sens. La réalité est toute autre: Donc il y a une sorte de légitimité bouddhiste totalement artificielle, bien sûr. Mais la religion sert tout de même de garant à une pratique sexuelle qui, ailleurs, passe pour déviante et dangereuse, etc. Il fallait combattre toute sorte de passion, homo ou hétéro. Non, non, on y vient, regarde Matrix rires! Donc, on est dedans. Encore que ce dernier soit assez prude: Le " mother complex " " mazakon " , on en a déjà parlé depuis le début de cet entretien… mais pour le lecteur, ça peut sembler abscons.

Ça marchait comment, tu veux dire. Pour toute la génération qui a été élevée sans papa, mais avec une maman omniprésente, ça a marché de la manière suivante: Il faut vraiment voir cela comme un cercle vicieux entretenu par les deux sexes, par les deux membres du couple. Oui, il y a une indéniable reproduction du schéma, de la part de ces femmes.

Si ça se reproduit, il y a de bonnes chances pour que ça continue pendant un sacré bout de temps. Mais toi, tu dis que ça change. Il y a un énorme boom du divorce chez les ans. Les vieux le confessent eux-mêmes: Et leurs enfants, qui avaient sacrifié leur jeunesse pour entrer dans de grandes écoles et trouver un bon travail, se sont retrouvés au chômage.

Et en veulent du coup à leur mère. Mais ce qui m'a rendu le plus perplexe, au début de mon séjour j'avais alors vingt-trois ans , c'est d'avoir l'occasion d'embrasser une jolie femme, comme le font les Français. Je me rappelle nettement la première fois que cela m'arriva. Invité à une petite soirée, alors que je parlais à peine le français, je restais assis dans un coin, le visage fermé, incapable d'engager une conversation galante. Alors un de mes camarades, pensant sans doute me faire goûter aux délices des moeurs françaises, appela son amie et me la présenta.

Puis il lui dit: Ce fut bref, mais je n'oublierai pas ce que j'ai ressenti à ce moment-là. Premièrement une jolie fille blonde dont la peau était si blanche dans ma mémoire troublée et romantique s'approche de moi, et me prend dans ses bras. Déjà pour un naïf Japonais volontariste imbu de la supériorité masculine, c'était une situation très troublante.

Mais lorsqu'elle a posé ses lèvres sur ma joue, quand j'ai senti la douceur de sa peau et ses seins qui appuyaient sur ma poitrine, je n'ai vraiment plus su que faire. Pourtant je n'étais pas si sauvage, car j'ai réussi à retenir une pulsion qui montait dans mon corps. Pourquoi ne pas lui toucher les seins, elle est contre toi? Une grande césure entre figure extérieure lalemaé et réalité interne hon-né traverse la vie sociale des Japonais, et la sexualité se rattache à l'intérieur, à ce qui sait être caché.

La zone de transition où le contact des corps joue à la limite de la sexualité semble singulièrement étroite au Japon où le rituel de politesse se déroule sans contact physique avec l'autre. En même temps, la connaissance et la domination du corps sexué sont parties intégrante de la culture japonaise. On se salue sans se toucher, mais pour se soigner, se détendre, la pratique des massages faits par des non-spécialistes est courante. Les régulations sociales de la sexualité semblent marquées avec d'autant plus de rigueur que la connaissance du corps ne fait pas l'objet d'interdit et n'est pas frappée par le secret.

Le bain Mizubayashi, est un moment important de la découverte du corps par les enfants. En effet, il est d'usage au Japon de prendre un bain chaque soir, c'est un moment privilégié de détente qui marque le rythme quotidien. Jusqu'à sept ans environ, les enfants vont au bain public indifféremment du côté des hommes ou du côté des femmes, selon la personne qui les accompagne. A la maison les enfants ne prennent pas leur bain seuls, mais avec un adulte: Les baignoires sont plus profondes qu'en Europe assis, l'eau vous arrive jusqu'au cou et les bains sont chauds, souvent trop chauds pour le goût des enfants.

Aussi lorsqu'un petit garçon hésite à s'immerger, lui dit-on: Ainsi la première expérience de la nudité est-elle vécue et apprise dans le bain en tant qu'image et en tant que contact physique.

La tension des testicules est évoquée sans censure et associée à la bravoure de l'homme et à son état psychique. C'est ainsi qu'au moment de la guerre russo-japonaise de , à l'instant d'engager une bataille navale décisive, l'amiral voyant ses soldats pâles et crispés les fit rassembler sur le pont. Il leur parla d'un air solennel de l'ultime décision et du comportement attendu des soldats, et termina en disant: Si elles sont détendues, très bien, c'est que vous avez une réserve de courage et que vous êtes de bons soldats.

Alors qu'il était déjà âgé, S. Chiba, maître de sabre renommé du XIXe siècle, fut attaqué dans la rue par un voleur armé d'un sabre, qui chercha à le tuer. Immobilisant d'une main son adversaire, de l'autre il lui tâta les testicules et dit: Les hommes portaient traditionnellement la ceinture du kimono un peu au-dessous du nombril la pression exercée sur cette partie du corps la rendait ainsi présente à l'esprit.

La sensation du hara, siège de la force, inclut les parties sexuelles. Il est d'ailleurs surprenant pour les Japonais de constater que les Européens qui font du karaté éprouvent une véritable terreur à l'idée de recevoir un coup dans les parties sexuelles et en surestiment l'effet.

Pour les Japonais ce sont des parties sensibles qui peuvent devenir une cible et qu'il faut par conséquent protéger par un entraînement technique approprié.

Dans un autre registre, la lecture des revues hebdomadaires témoigne de la reconnaissance directe de la sexualité, en même temps que des censures sociales qui la canalisent. Les nombreux hebdomadaires que les Japonais ont l'habitude de parcourir rapidement pendant leurs longs trajets quotidiens ou en voyage, abordent les sujets les plus divers, parmi lesquels la question sexuelle.

Celle-ci est présente dans toutes les revues et tient beaucoup de place dans celles qui sont classées parmi les moins sérieuses. La sexualité y est généralement traitée avec légèreté et l'on considère qu'elle se prête mal à des articles sérieux.

Dans ces articles, souvent illustrés de photos, l'acte sexuel est traité en tant que technique: Les détails de la technique amoureuse sont expliqués avec la plus grande précision, en particulier ceux qui permettent à l'homme de retarder l'éjaculation 2. Et dans les revues féminines, symétriquement, l'on indique comment plaire à un homme, explorer le domaine du plaisir sexuel et pratiquer la contraception dans un pays où la pilule est interdite avec un luxe de précisions techniques et de détails anatomiques.

Cependant, il existe au Japon une législation qui censure la représentation dessinée, cinématographique, photographique des pilosités et des organes sexuels.

Les revues populaires comportent des bandes dessinées dont la particularité est un dessin soigné, expressif et souvent très précis. Les dessins de nus sont fréquents et les dessinateurs semblent souvent jouer avec la censure, traitant l'absence du sexe comme un moyen de le mettre en évidence par un vide blanc qui apparaît comme une tache lumineuse, des hachures ou parfois, à sa place, le dessin d'un objet de substitution évocateur aubergine, patate douce, fusée ou champignon pour le sexe masculin, plus rarement un coquillage pour le sexe féminin.

Dans les représentations de l'acte sexuel les postures sont très réalistes et variées. Ce parcours rapide pourrait donner l'impression que le Japon est un pays de grande liberté sexuelle, mais l'exercice de la sexualité se heurte à des barrières sociales considérables. Le jeu de la censure et l'abondance des évocations de la sexualité sont significatifs, de l'importance du renforcement social de ces barrières toujours menacées car la sexualité ne fait pas globalement l'objet d'interdiction ou de culpabilisation d'ordre religieux 3.

Elle est, dans la tradition campagnarde, fortement associée à la fécondité de la terre 4. Dès les premières pages du Kojiki Kojiki, , recueil de légendes populaires datant du VIIe siècle, sont évoquées une sexualité joyeuse et ses formes de régulation: Ainsi, je pense que si j'enfonce et bouche ton endroit non élaboré avec mon endroit trop élaboré, nous donnerons naissance à la terre.

Comment imagines-tu la naissance? Malgré cela ils s'unirent dans leur chambre et eurent un fils: Ils l'abandonnèrent en le laissant dériver sur un esquif de roseaux. Puis ils enfantèrent l'île d'Awa awa frêle.

Celle-ci ne compte pas parmi leurs enfants Les deux Kami réfléchirent tous deux: Il semble qu'il faudrait en faire part aux Kami célestes. Et les kami célestes, après avoir pratiqué une divination en brûlant des omoplates de daim mélangées à du bois, répondirent: Descendez et répétez tout.

Izanaki-no-Mikoto dit tout le premier: Puis se coiffant de branches de bambou liées du Mont-Parfum-Céleste, elle renversa un fût vide devant la porte de la grotte et claqua des talons. Tout en dansant jusqu'au paroxysme elle découvrit sa poitrine et baissa la ceinture de son vêtement jusqu'à son sexe.

Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante et les huit millions de kami se mirent à rire. Mais pourquoi Uzu-Féminine-Céleste danse -t-elle et les huit millions de kami rient-ils ainsi ensemble? Le décalage entre législation et pratiques sociales a été considérable dans les années d'après-guerre. Et les rapports sociaux actuels sont profondément marqués par la famille patriarcale autoritaire qui, au Japon, a persisté légalement jusqu'en La nouvelle législation familiale a fait partie de l'ensemble des mesures imposées par les Américains après la défaite du Japon.

A l'inverse de ce qui s'est passé dans les pays européens Shorter, ; Flandrin, , la famille patriarcale s'est maintenue pendant la période de l'industrialisation capitaliste du Japon et a joué un rôle dynamique dans ce processus. Toutefois, entre et , la famille traditionnelle ne s'est pas maintenue telle quelle. Nous allons essayer d'examiner la transformation des rapports familiaux, formes sociales de régulation de la sexualité, pendant la période de formation du Japon moderne.

Une restructuration des relations familiales s'est produite au cours de cette période. Selon notre hypothèse, le trait le plus marquant en est une subtile rupture de l'équilibre qui a paradoxalement abouti, à l'intérieur d'une structure patriarcale, en apparence de plus en plus autoritaire, à une prédominance des relations mère-enfant. Déjà au début du XVIIe siècle, pour affaiblir les communautés locales, le pouvoir shôgunal avait instauré dans tout le pays des regroupements de familles dont les chefs devaient assumer collectivement la responsabilité pénale des fautes commises par l'un des membres du groupe.

En même temps, pour mieux les dominer, le gouvernement s'était attaché à formaliser et à unifier le mode de vie des seigneurs. L'obligation faite à ceux-ci de posséder une double résidence - à Edo Tokyo et dans leur fief d'origine - impliquant des déplacements à rythme régulier permit une unification des moeurs et assura une diffusion des mêmes modèles dans tout le Japon. Cependant le mode de vie des autres classes n'était pas régi de façon aussi stricte, et la paysannerie avait conservé une certaine diversité de coutumes car la séparation entre les seigneuries était très marquée et les déplacements strictement contrôlés.

Le nouveau groupe qui prend le pouvoir en début de L'ère Meiji restaure le pouvoir direct de l'empereur et se donne pour objectif primordial le maintien de l'indépendance du Japon par le développement d'un armement et d'une industrie modernes. Il va supprimer l'ancienne organisation en ordres sociaux et chercher à stabiliser son pouvoir par un mode d'unification du pays qui se substitue à l'organisation féodale et permette une industrialisation à grande échelle.

Pour y parvenir, il va s'appuyer sur les structures familiales. Isono dans leur étude sur l'institution familiale. Ils ajoutent que, puisque ce mode de relation existait, dans le système précédent, entre les familles de seigneurs, il fallait s'en inspirer, en l'adaptant pour lui permettre d'inclure les croyances et les manières de faire des autres classes ; ce qui fut réalisé en s'appuyant sur le mythe de l'Empereur.

La famille japonaise était, dans toutes les couches sociales, de type patriarcal, avec culte des ancêtres et respect d'une morale familiale. Cependant dans les familles nobles, les règles de cette morale étaient plus formalisées et à la fidélité au chef de famille correspondait, hors de la maison, la fidélité exclusive au Seigneur auquel était dû un dévouement total.

Avec la destruction de l'ordre féodal, le vide créé par la suppression de ces relations a fait prendre conscience de leur force. Et le nouvel Etat réussit à reporter les anciennes fidélités sur la personne de l'Empereur, figure concrète de l'Etat centralisé, auquel devait désormais se rattacher chaque famille. Cela a été possible du fait que dans toutes les couches sociales existaient des relations hiérarchiques de famille à famille paysan-propriétaire à fermier, patron à employé, maître à disciple, etc.

La relation à l'Empereur s'est constituée progressivement et, en , le rescrit impérial sur l'éducation a clairement défini que la morale familiale doit être enseignée et rapportée à l'Etat impérial conçu comme une famille.

Cette orientation passera dans les faits et se maintiendra jusqu'en La suprématie de la famille se manifestait dans la société japonaise par l'immersion des individus dans la communauté familiale.

Dans la noblesse, l'influence du confucianisme avait contribué à la codification sous forme de morale de ce système familial qui traditionnellement reposait sur le culte des ancêtres. Ce culte L'est pas basé sur da peur, mais sur le respect et l' amour des ancêtres, qui sont vécus quotidiennement comme la garantie de 'union de la maisonnée. Le chef de famille est celui qui représente 'ancêtre, source de da famille.

Il a de devoir vis-à-vis des ancêtres le protéger le bien familial et de prendre l'initiative au nom de la famille. Traditionnellement, il gérait les biens indivis de da famille. Dans la morale de l'époque, le chef de famille, responsable de ,'unité de production que celle-ci constitue, prend le pouvoir pour assumer le devoir qui lui est confié par d'Etat.

Nous retrouvons donc transposée da double responsabilité qu'assumait le chef de da famille féodale, responsable de celle-ci vis-à-vis des ancêtres et vis-à-vis du suzerain.

Le résultat de da politique de la famille de l'époque Meiji va donc être d'unifier et de rigidifier un système familial déjà constitué qui va perdre da souplesse que lui laissaient des coutumes locales. Si nous insistons sur ce point, c'est pour souligner qu'au Japon l'essor rapide du capitalisme industriel a été réalisé dans le cadre d'un renforcement des structures familiales traditionnelles.

Celles-ci ont servi de ciment social et sont restées l'élément le plus stable dans le processus de transformation de la société, en même temps qu'un des éléments moteurs de la dynamique sociale pour laquelle les Japonais se sont investis dans da modernisation de leur pays.

Comment ce système familial encadre-t-il la sexualité? C'est pourquoi avoir un garçon est un devoir envers la famille, c'est pourquoi aussi il existait une coutume d'adoption, la continuité de da maisonnée place de chef de famille étant plus importante que celle du sang. Dans da loi civile de Meiji Isono, , les maîtresses du mari n'étaient pas considérées comme épouses légales, mais leur existence était implicitement admise et, si l'épouse n'avait que des filles, le fils d'une maîtresse pouvait reprendre la maison.

Tout au début de l'ère Meiji, da maîtresse pouvait être considérée comme une deuxième épouse légale, vivant hors de da maison, mais plus tard da loi a officialisé la monogamie, sans changer grand-chose aux pratiques. Dans ce système, de plus important est da relation parentsenfants, la relation conjugale vient au second rang. De plus, la division entre des sexes est fortement marquée dans le travail à l'intérieur de la sphère familiale et dans les relations sociales avec les personnes venues de l'extérieur.

Les relations mère-fils et belle-mère-belle-fille représentent donc deux aspects du mariage japonais et, lorsqu'une jeune épouse entre dans da maison, les parents sont directement concernés par le mariage.. Vouloir se marier avec quelqu'un pour soi-même par amour était immoral et l'amour était immoral faire passer son désir avant da famille. Cela était admis, mais un mariage contracté dans ces conditions était considéré comme tout à fait inférieur hiérarchiquement au mariage arrangé par des intermédiaires officiels.

Aussi les parents qui comprenaient leurs enfants faisaient-ils discrètement intervenir des intermédiaires pour réaliser le désir de leurs enfants en lui donnant une forme officielle. En fait, dans da paysannerie de plusieurs régions, le choix des jeunes gens était pris en considération pour leur mariage.

Les sociétés de jeunes avaient souvent un rôde important dans le choix des conjoints. Il existait également différentes modalités de mariage par rapt Nihon o Malgré d'influence unificatrice de da législation de Meiji, ces coutumes ont survécu jusqu'après la guerre. La sexualité n'imprègne pas da totalité des relations entre époux ; elle a un rôle partiel, bien circonscrit.

Nous citerons l'exemple d'un homme, qui, en , a reçu une médaille nationale récompensant sa conduite exemplaire d'homme japonais, pour avoir divorcé successivement de deux épouses qui ne lui déplaisaient pas, mais qui ne convenaient pas à sa mère lenaga, Cet exemple illustre les tensions que la jeune femme devait subir de la part de sa belle-mère. La relation de la mère à ses enfants était très étroite et le restait lorsque ceux-ci grandissaient ; aussi il lui était souvent insupportable de partager l'amour de son fils avec l'épouse de ce dernier.

Nous citerons, parmi beaucoup d'autres de même signification, une sentence populaire: Nous avons vu que le rapport sexuel lui-même, pas plus que la connaissance du corps ne sont culpabilisés. Mais l'homme est tourné vers le dehors et la femme vers le dedans. La vie sociale commune aux époux, confondue avec celle de la maisonnée, se borne aux réceptions rituelles à l'occasion des cérémonies familiales mort, mariage, fête marquant l'entrée de l'enfant dans une nouvelle étape de sa vie.

Il n'existe pas d'occasion où le couple invite ou soit invité à l'extérieur. Par contre les visites familières, non formalisées, des voisins ou voisines sont fréquentes.

La vie sociale de la jeune femme, limitée à la maison et au proche voisinage, est centrée sur les affaires domestiques. C'est donc dans la sphère domestique, auprès de ses enfants, qu'elle pourra trouver une issue à son affectivité et à ses pulsions réprimées ou insatisfaites.

Les hommes par contre ont la possibilité de chercher hors de la maison des satisfactions d'ordre social et sexuel. Le développement des quartiers de plaisir des grandes villes japonaises autorisés jusqu'en est un fait bien connu et, jusqu'à une époque récente, il était courant dans les couches aisées de la population qu'un homme prenne une maîtresse hors de la maison.

Les rapports de séduction et d'échange galant, difficiles dans le cadre de la sociabilité domestique, ont leur lieu et leur formalisation dans les bars, les restaurants et salons de thé à fréquentation masculine dont les hôtesses doivent incarner l'image de la séduction féminine. Cette pratique s'est perpétuée et a trouvé avec le développement de la sociabilité d' entreprise " sa forme contemporaine.

A son arrivée dans la maison, elle se trouve dans une situation difficile à l'égard de sa belle-mère et de son beau-père. Elle a des relations distancées avec son époux, et c'est par rapport â ses enfants qu'elle va définir sa place. Le comportement socialement attendu de l'épouse par rapport à son époux est significatif. L'épouse doit être réservée, prendre soin de lui en devançant ses désirs, dans les détails de la vie domestique comme dans les rapports sexuels.

L'époux attend de sa femme une attitude enveloppante et maternelle, en même temps que, placé en situation de supériorité, il lui impose ses désirs en ayant pour elle, s'il est bon époux, quelque douceur et tendresse dont les manifestations sont discrètes vis-à-vis de l'extérieur. Il semble donc que les rapports entre époux et plus généralement les rapports entre homme et femme soient modelés par le type de rapports développés entre la mère et l'enfant.

L'image idéale de la mère est très forte au Japon, c'est celle du sacrifice et du dévouement à ses enfants et à travers eux à la famille. Cette image a dans la pensée populaire une valeur universelle et tend à être sacralisée. Kannon, déesse de la miséricorde, dont le culte a été introduit avec le bouddhisme chinois, représente au Japon l'image religieuse de la mère qui est aussi une figure salvatrice soutien et salut de l'âme.

Yamamura, dans son ouvrage Les Japonais et leur mère Yamamura, , rend compte du redoublement de l'image de la mère et de celle de la femme.



le sexe japonais linceste sexuel

Mais ce qui m'a rendu le plus perplexe, au début de mon séjour j'avais alors vingt-trois ans , c'est d'avoir l'occasion d'embrasser une jolie femme, comme le font les Français. Je me rappelle nettement la première fois que cela m'arriva. Invité à une petite soirée, alors que je parlais à peine le français, je restais assis dans un coin, le visage fermé, incapable d'engager une conversation galante. Alors un de mes camarades, pensant sans doute me faire goûter aux délices des moeurs françaises, appela son amie et me la présenta.

Puis il lui dit: Ce fut bref, mais je n'oublierai pas ce que j'ai ressenti à ce moment-là. Premièrement une jolie fille blonde dont la peau était si blanche dans ma mémoire troublée et romantique s'approche de moi, et me prend dans ses bras. Déjà pour un naïf Japonais volontariste imbu de la supériorité masculine, c'était une situation très troublante.

Mais lorsqu'elle a posé ses lèvres sur ma joue, quand j'ai senti la douceur de sa peau et ses seins qui appuyaient sur ma poitrine, je n'ai vraiment plus su que faire. Pourtant je n'étais pas si sauvage, car j'ai réussi à retenir une pulsion qui montait dans mon corps. Pourquoi ne pas lui toucher les seins, elle est contre toi? Une grande césure entre figure extérieure lalemaé et réalité interne hon-né traverse la vie sociale des Japonais, et la sexualité se rattache à l'intérieur, à ce qui sait être caché.

La zone de transition où le contact des corps joue à la limite de la sexualité semble singulièrement étroite au Japon où le rituel de politesse se déroule sans contact physique avec l'autre.

En même temps, la connaissance et la domination du corps sexué sont parties intégrante de la culture japonaise. On se salue sans se toucher, mais pour se soigner, se détendre, la pratique des massages faits par des non-spécialistes est courante. Les régulations sociales de la sexualité semblent marquées avec d'autant plus de rigueur que la connaissance du corps ne fait pas l'objet d'interdit et n'est pas frappée par le secret.

Le bain Mizubayashi, est un moment important de la découverte du corps par les enfants. En effet, il est d'usage au Japon de prendre un bain chaque soir, c'est un moment privilégié de détente qui marque le rythme quotidien.

Jusqu'à sept ans environ, les enfants vont au bain public indifféremment du côté des hommes ou du côté des femmes, selon la personne qui les accompagne. A la maison les enfants ne prennent pas leur bain seuls, mais avec un adulte: Les baignoires sont plus profondes qu'en Europe assis, l'eau vous arrive jusqu'au cou et les bains sont chauds, souvent trop chauds pour le goût des enfants.

Aussi lorsqu'un petit garçon hésite à s'immerger, lui dit-on: Ainsi la première expérience de la nudité est-elle vécue et apprise dans le bain en tant qu'image et en tant que contact physique. La tension des testicules est évoquée sans censure et associée à la bravoure de l'homme et à son état psychique. C'est ainsi qu'au moment de la guerre russo-japonaise de , à l'instant d'engager une bataille navale décisive, l'amiral voyant ses soldats pâles et crispés les fit rassembler sur le pont.

Il leur parla d'un air solennel de l'ultime décision et du comportement attendu des soldats, et termina en disant: Si elles sont détendues, très bien, c'est que vous avez une réserve de courage et que vous êtes de bons soldats. Alors qu'il était déjà âgé, S. Chiba, maître de sabre renommé du XIXe siècle, fut attaqué dans la rue par un voleur armé d'un sabre, qui chercha à le tuer.

Immobilisant d'une main son adversaire, de l'autre il lui tâta les testicules et dit: Les hommes portaient traditionnellement la ceinture du kimono un peu au-dessous du nombril la pression exercée sur cette partie du corps la rendait ainsi présente à l'esprit. La sensation du hara, siège de la force, inclut les parties sexuelles.

Il est d'ailleurs surprenant pour les Japonais de constater que les Européens qui font du karaté éprouvent une véritable terreur à l'idée de recevoir un coup dans les parties sexuelles et en surestiment l'effet. Pour les Japonais ce sont des parties sensibles qui peuvent devenir une cible et qu'il faut par conséquent protéger par un entraînement technique approprié. Dans un autre registre, la lecture des revues hebdomadaires témoigne de la reconnaissance directe de la sexualité, en même temps que des censures sociales qui la canalisent.

Les nombreux hebdomadaires que les Japonais ont l'habitude de parcourir rapidement pendant leurs longs trajets quotidiens ou en voyage, abordent les sujets les plus divers, parmi lesquels la question sexuelle. Celle-ci est présente dans toutes les revues et tient beaucoup de place dans celles qui sont classées parmi les moins sérieuses. La sexualité y est généralement traitée avec légèreté et l'on considère qu'elle se prête mal à des articles sérieux.

Dans ces articles, souvent illustrés de photos, l'acte sexuel est traité en tant que technique: Les détails de la technique amoureuse sont expliqués avec la plus grande précision, en particulier ceux qui permettent à l'homme de retarder l'éjaculation 2. Et dans les revues féminines, symétriquement, l'on indique comment plaire à un homme, explorer le domaine du plaisir sexuel et pratiquer la contraception dans un pays où la pilule est interdite avec un luxe de précisions techniques et de détails anatomiques.

Cependant, il existe au Japon une législation qui censure la représentation dessinée, cinématographique, photographique des pilosités et des organes sexuels. Les revues populaires comportent des bandes dessinées dont la particularité est un dessin soigné, expressif et souvent très précis. Les dessins de nus sont fréquents et les dessinateurs semblent souvent jouer avec la censure, traitant l'absence du sexe comme un moyen de le mettre en évidence par un vide blanc qui apparaît comme une tache lumineuse, des hachures ou parfois, à sa place, le dessin d'un objet de substitution évocateur aubergine, patate douce, fusée ou champignon pour le sexe masculin, plus rarement un coquillage pour le sexe féminin.

Dans les représentations de l'acte sexuel les postures sont très réalistes et variées. Ce parcours rapide pourrait donner l'impression que le Japon est un pays de grande liberté sexuelle, mais l'exercice de la sexualité se heurte à des barrières sociales considérables.

Le jeu de la censure et l'abondance des évocations de la sexualité sont significatifs, de l'importance du renforcement social de ces barrières toujours menacées car la sexualité ne fait pas globalement l'objet d'interdiction ou de culpabilisation d'ordre religieux 3. Elle est, dans la tradition campagnarde, fortement associée à la fécondité de la terre 4.

Dès les premières pages du Kojiki Kojiki, , recueil de légendes populaires datant du VIIe siècle, sont évoquées une sexualité joyeuse et ses formes de régulation: Ainsi, je pense que si j'enfonce et bouche ton endroit non élaboré avec mon endroit trop élaboré, nous donnerons naissance à la terre.

Comment imagines-tu la naissance? Malgré cela ils s'unirent dans leur chambre et eurent un fils: Ils l'abandonnèrent en le laissant dériver sur un esquif de roseaux. Puis ils enfantèrent l'île d'Awa awa frêle. Celle-ci ne compte pas parmi leurs enfants Les deux Kami réfléchirent tous deux: Il semble qu'il faudrait en faire part aux Kami célestes.

Et les kami célestes, après avoir pratiqué une divination en brûlant des omoplates de daim mélangées à du bois, répondirent: Descendez et répétez tout. Izanaki-no-Mikoto dit tout le premier: Puis se coiffant de branches de bambou liées du Mont-Parfum-Céleste, elle renversa un fût vide devant la porte de la grotte et claqua des talons. Tout en dansant jusqu'au paroxysme elle découvrit sa poitrine et baissa la ceinture de son vêtement jusqu'à son sexe.

Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante et les huit millions de kami se mirent à rire. Mais pourquoi Uzu-Féminine-Céleste danse -t-elle et les huit millions de kami rient-ils ainsi ensemble? Le décalage entre législation et pratiques sociales a été considérable dans les années d'après-guerre.

Et les rapports sociaux actuels sont profondément marqués par la famille patriarcale autoritaire qui, au Japon, a persisté légalement jusqu'en La nouvelle législation familiale a fait partie de l'ensemble des mesures imposées par les Américains après la défaite du Japon. A l'inverse de ce qui s'est passé dans les pays européens Shorter, ; Flandrin, , la famille patriarcale s'est maintenue pendant la période de l'industrialisation capitaliste du Japon et a joué un rôle dynamique dans ce processus.

Toutefois, entre et , la famille traditionnelle ne s'est pas maintenue telle quelle. Nous allons essayer d'examiner la transformation des rapports familiaux, formes sociales de régulation de la sexualité, pendant la période de formation du Japon moderne. Une restructuration des relations familiales s'est produite au cours de cette période. Selon notre hypothèse, le trait le plus marquant en est une subtile rupture de l'équilibre qui a paradoxalement abouti, à l'intérieur d'une structure patriarcale, en apparence de plus en plus autoritaire, à une prédominance des relations mère-enfant.

Déjà au début du XVIIe siècle, pour affaiblir les communautés locales, le pouvoir shôgunal avait instauré dans tout le pays des regroupements de familles dont les chefs devaient assumer collectivement la responsabilité pénale des fautes commises par l'un des membres du groupe. En même temps, pour mieux les dominer, le gouvernement s'était attaché à formaliser et à unifier le mode de vie des seigneurs.

L'obligation faite à ceux-ci de posséder une double résidence - à Edo Tokyo et dans leur fief d'origine - impliquant des déplacements à rythme régulier permit une unification des moeurs et assura une diffusion des mêmes modèles dans tout le Japon. Cependant le mode de vie des autres classes n'était pas régi de façon aussi stricte, et la paysannerie avait conservé une certaine diversité de coutumes car la séparation entre les seigneuries était très marquée et les déplacements strictement contrôlés.

Le nouveau groupe qui prend le pouvoir en début de L'ère Meiji restaure le pouvoir direct de l'empereur et se donne pour objectif primordial le maintien de l'indépendance du Japon par le développement d'un armement et d'une industrie modernes. Il va supprimer l'ancienne organisation en ordres sociaux et chercher à stabiliser son pouvoir par un mode d'unification du pays qui se substitue à l'organisation féodale et permette une industrialisation à grande échelle.

Pour y parvenir, il va s'appuyer sur les structures familiales. Isono dans leur étude sur l'institution familiale. Ils ajoutent que, puisque ce mode de relation existait, dans le système précédent, entre les familles de seigneurs, il fallait s'en inspirer, en l'adaptant pour lui permettre d'inclure les croyances et les manières de faire des autres classes ; ce qui fut réalisé en s'appuyant sur le mythe de l'Empereur.

La famille japonaise était, dans toutes les couches sociales, de type patriarcal, avec culte des ancêtres et respect d'une morale familiale. Cependant dans les familles nobles, les règles de cette morale étaient plus formalisées et à la fidélité au chef de famille correspondait, hors de la maison, la fidélité exclusive au Seigneur auquel était dû un dévouement total. Avec la destruction de l'ordre féodal, le vide créé par la suppression de ces relations a fait prendre conscience de leur force.

Et le nouvel Etat réussit à reporter les anciennes fidélités sur la personne de l'Empereur, figure concrète de l'Etat centralisé, auquel devait désormais se rattacher chaque famille. Cela a été possible du fait que dans toutes les couches sociales existaient des relations hiérarchiques de famille à famille paysan-propriétaire à fermier, patron à employé, maître à disciple, etc.

La relation à l'Empereur s'est constituée progressivement et, en , le rescrit impérial sur l'éducation a clairement défini que la morale familiale doit être enseignée et rapportée à l'Etat impérial conçu comme une famille. Cette orientation passera dans les faits et se maintiendra jusqu'en La suprématie de la famille se manifestait dans la société japonaise par l'immersion des individus dans la communauté familiale.

Dans la noblesse, l'influence du confucianisme avait contribué à la codification sous forme de morale de ce système familial qui traditionnellement reposait sur le culte des ancêtres. Ce culte L'est pas basé sur da peur, mais sur le respect et l' amour des ancêtres, qui sont vécus quotidiennement comme la garantie de 'union de la maisonnée. Le chef de famille est celui qui représente 'ancêtre, source de da famille. Il a de devoir vis-à-vis des ancêtres le protéger le bien familial et de prendre l'initiative au nom de la famille.

Traditionnellement, il gérait les biens indivis de da famille. Dans la morale de l'époque, le chef de famille, responsable de ,'unité de production que celle-ci constitue, prend le pouvoir pour assumer le devoir qui lui est confié par d'Etat. Nous retrouvons donc transposée da double responsabilité qu'assumait le chef de da famille féodale, responsable de celle-ci vis-à-vis des ancêtres et vis-à-vis du suzerain.

Le résultat de da politique de la famille de l'époque Meiji va donc être d'unifier et de rigidifier un système familial déjà constitué qui va perdre da souplesse que lui laissaient des coutumes locales. Si nous insistons sur ce point, c'est pour souligner qu'au Japon l'essor rapide du capitalisme industriel a été réalisé dans le cadre d'un renforcement des structures familiales traditionnelles. Celles-ci ont servi de ciment social et sont restées l'élément le plus stable dans le processus de transformation de la société, en même temps qu'un des éléments moteurs de la dynamique sociale pour laquelle les Japonais se sont investis dans da modernisation de leur pays.

Comment ce système familial encadre-t-il la sexualité? C'est pourquoi avoir un garçon est un devoir envers la famille, c'est pourquoi aussi il existait une coutume d'adoption, la continuité de da maisonnée place de chef de famille étant plus importante que celle du sang. Dans da loi civile de Meiji Isono, , les maîtresses du mari n'étaient pas considérées comme épouses légales, mais leur existence était implicitement admise et, si l'épouse n'avait que des filles, le fils d'une maîtresse pouvait reprendre la maison.

Tout au début de l'ère Meiji, da maîtresse pouvait être considérée comme une deuxième épouse légale, vivant hors de da maison, mais plus tard da loi a officialisé la monogamie, sans changer grand-chose aux pratiques. Dans ce système, de plus important est da relation parentsenfants, la relation conjugale vient au second rang. De plus, la division entre des sexes est fortement marquée dans le travail à l'intérieur de la sphère familiale et dans les relations sociales avec les personnes venues de l'extérieur.

Les relations mère-fils et belle-mère-belle-fille représentent donc deux aspects du mariage japonais et, lorsqu'une jeune épouse entre dans da maison, les parents sont directement concernés par le mariage.. Vouloir se marier avec quelqu'un pour soi-même par amour était immoral et l'amour était immoral faire passer son désir avant da famille.

Cela était admis, mais un mariage contracté dans ces conditions était considéré comme tout à fait inférieur hiérarchiquement au mariage arrangé par des intermédiaires officiels. Aussi les parents qui comprenaient leurs enfants faisaient-ils discrètement intervenir des intermédiaires pour réaliser le désir de leurs enfants en lui donnant une forme officielle.

En fait, dans da paysannerie de plusieurs régions, le choix des jeunes gens était pris en considération pour leur mariage. Les sociétés de jeunes avaient souvent un rôde important dans le choix des conjoints. Il existait également différentes modalités de mariage par rapt Nihon o Malgré d'influence unificatrice de da législation de Meiji, ces coutumes ont survécu jusqu'après la guerre. La sexualité n'imprègne pas da totalité des relations entre époux ; elle a un rôle partiel, bien circonscrit.

Nous citerons l'exemple d'un homme, qui, en , a reçu une médaille nationale récompensant sa conduite exemplaire d'homme japonais, pour avoir divorcé successivement de deux épouses qui ne lui déplaisaient pas, mais qui ne convenaient pas à sa mère lenaga, Cet exemple illustre les tensions que la jeune femme devait subir de la part de sa belle-mère. La relation de la mère à ses enfants était très étroite et le restait lorsque ceux-ci grandissaient ; aussi il lui était souvent insupportable de partager l'amour de son fils avec l'épouse de ce dernier.

Nous citerons, parmi beaucoup d'autres de même signification, une sentence populaire: Nous avons vu que le rapport sexuel lui-même, pas plus que la connaissance du corps ne sont culpabilisés. Mais l'homme est tourné vers le dehors et la femme vers le dedans. La vie sociale commune aux époux, confondue avec celle de la maisonnée, se borne aux réceptions rituelles à l'occasion des cérémonies familiales mort, mariage, fête marquant l'entrée de l'enfant dans une nouvelle étape de sa vie.

Il n'existe pas d'occasion où le couple invite ou soit invité à l'extérieur. Par contre les visites familières, non formalisées, des voisins ou voisines sont fréquentes. La vie sociale de la jeune femme, limitée à la maison et au proche voisinage, est centrée sur les affaires domestiques.

C'est donc dans la sphère domestique, auprès de ses enfants, qu'elle pourra trouver une issue à son affectivité et à ses pulsions réprimées ou insatisfaites. Les hommes par contre ont la possibilité de chercher hors de la maison des satisfactions d'ordre social et sexuel. Le développement des quartiers de plaisir des grandes villes japonaises autorisés jusqu'en est un fait bien connu et, jusqu'à une époque récente, il était courant dans les couches aisées de la population qu'un homme prenne une maîtresse hors de la maison.

Les rapports de séduction et d'échange galant, difficiles dans le cadre de la sociabilité domestique, ont leur lieu et leur formalisation dans les bars, les restaurants et salons de thé à fréquentation masculine dont les hôtesses doivent incarner l'image de la séduction féminine.

Cette pratique s'est perpétuée et a trouvé avec le développement de la sociabilité d' entreprise " sa forme contemporaine. A son arrivée dans la maison, elle se trouve dans une situation difficile à l'égard de sa belle-mère et de son beau-père. Elle a des relations distancées avec son époux, et c'est par rapport â ses enfants qu'elle va définir sa place.

Le comportement socialement attendu de l'épouse par rapport à son époux est significatif. L'épouse doit être réservée, prendre soin de lui en devançant ses désirs, dans les détails de la vie domestique comme dans les rapports sexuels. L'époux attend de sa femme une attitude enveloppante et maternelle, en même temps que, placé en situation de supériorité, il lui impose ses désirs en ayant pour elle, s'il est bon époux, quelque douceur et tendresse dont les manifestations sont discrètes vis-à-vis de l'extérieur.

Il semble donc que les rapports entre époux et plus généralement les rapports entre homme et femme soient modelés par le type de rapports développés entre la mère et l'enfant. L'image idéale de la mère est très forte au Japon, c'est celle du sacrifice et du dévouement à ses enfants et à travers eux à la famille. Cette image a dans la pensée populaire une valeur universelle et tend à être sacralisée.

Kannon, déesse de la miséricorde, dont le culte a été introduit avec le bouddhisme chinois, représente au Japon l'image religieuse de la mère qui est aussi une figure salvatrice soutien et salut de l'âme. Yamamura, dans son ouvrage Les Japonais et leur mère Yamamura, , rend compte du redoublement de l'image de la mère et de celle de la femme. Et la notion de 'volonté' n'est-elle pas précisément l'argument odieux dont se servent les agresseurs pour justifier leurs crimes? L'inceste est un crime moral parce qu'il est quasiment toujours accompagné d'abus et d'asservissement.

Voilà pourquoi il est heureux que les juges aient aujourd'hui décidé de maintenir son interdiction. Clair, précis, tranché, germanique oui, je me permets quelques stéréotypes faciles, laissez-moi.

Le souci — en vous faisant l'économie du décorticage de volonté commun à taaaaaaaant de débats actuels migrainogènes — c'est qu'on n'est pas loin de l'argument circulaire: Parce qu'il est répréhensible.

Et pourquoi est-il répréhensible? Patrick naît en dans une fratrie de huit enfants. À quatre ans, battu par son père, on le confie à une famille d'accueil.

S'en suit la naissance d'Erik en , de Sahra en , de Nancy en , puis de Sofia en Et la question que je me pose aujourd'hui mais vous l'aurez deviné: Dans ce couple "incestueux", nous avons affaire a deux frère et soeur qui n'ont pas été élevé ensemble. Ils ce sont connu tardivement. Quand ils ont couché ensemble pour la première fois ensemble, étaient-ils vraiment frère et soeur?

Ou juste deux jeunes gens paumés, l'un face à l'autre, sans soutient, sans aide? Pour moi, dans ce contexte, la question est là Il est facile de condamner, de juger sans chercher à comprendre ce qui c'est vraiment passé. Mon avis sur l'inceste? Un ascendant sur un descendant: Sauf dans le film Old Boy ; Entre frère et soeur, avec consentement: Pourquoi l'inceste consentant pose-t-il autant de problèmes?

Et bien c'est très simple. Vous vous voyez expliquer à votre enfant en âge de comprendre et de découvrir la sexualité que "oui c'est vrai ton père et ta tante ont parfois des relations sexuelles, mais ça n'est pas grave, ils sont tous les deux d'accord.

Oui le monsieur qui les a dénoncé à la police à des opinions trop arrêtés sur le sujet il n'aurait pas du le dire, maintenant tout le monde le sait et comme la plupart des gens ils ne comprennent pas. Les enfants a l'école te disent quoi? Mais oui papa et maman s'aiment aussi bien sur! Non c'est different entre papa et maman qu'avec ta tante. Quelle est cette différence? Est-ce qu'ils sont amoureux? Est-ce qu'ils vont avoir un bebe? Est-ce que tu as le droit d'aimer ta soeur comme papa?

Évidemment, l'acte isolé exécuté par ces deux personnes dans le plus grand secret n'aura aucun impact sur le monde, ou plutôt il n'en aurait eu aucun s'il n'avait pas été médiatisé et c'est là qu'on se demande où est passé le secret, et s'il est fiable de s'en remettre à lui , mais s'il est intellectuellement fallacieux de construire un raisonnement uniquement sur des exemples, il l'est encore plus sur un seul exemple, et encore davantage s'il s'agit d'un exemple qui n'entre même pas dans le cadre de la règle à démontrer puisqu'il s'agit là d'un exemple d'inceste isolé et non pas d'un exemple d'inceste parmi d'autres dans une société où il serait toléré.

Vous osez vous faire l'avatar du défenseur de la raison avec des absurdités pareilles? N'est-ce pas parce que c'est émotionnellement réconfortant que vous avez intégré la notion de l'assouvissement du désir individuel à tout prix? Si on n'avait pas découvert les camps de concentration, l'holocauste n'aurait-il donc pas été grave?

Vous n'imaginez pas les conséquences pour la société si ce genre de pratique prenait une grande échelle, à laquelle la dissimulation deviendrait qui plus est impossible Et pour qu'elle ne prenne pas une grande échelle, on ne peut que ne l'accorder à une minorité, ce qui serait profondément injuste, ou bien ne l'accorder à personne.

Ça n'aura aucune influence autour d'eux. Pure pétition de principe, l'analyse raisonnée na pas été appliquée ici. Mais pour le réaliser, il faut d'abord accepter la notion de responsabilisation sociale, qui enjoint l'individu à considérer dans ses choix l'intérêt de la société. Cette notion tombe de plus en plus en désuétude de nos jours, et on s'étonne de voir notre société se déliter.

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Dans la pensée japonaise, l'idée de la mort est associée, avec celle de la naissance, à l'image du repos, du retour au sein maternel. Il cite ce poème écrit en pour une mère apprenant la mort de son fils à la guerre: Elle est morte à soixante-quinze ans, j'en ai quatre-vingt-un.

C'est en un sens de fusion avec la femme, mêlée à l'image maternelle salvatrice, que K. Yamamura interprète les suicides relativement fréquents de jeunes couples qui mouraient ensemble shinjü quand leur mariage était contrarié. Il semble que l'association de la mort à l'image maternelle et, par là, à l'image féminine soit un des traits les plus ambigus et les plus difficiles à interpréter de la sexualité japonaise.

L'ambiguïté est d'autant plus grande que dans la tradition japonaise c'est l'homme, dont l' emblème est le sabre, qui est porteur de la mort. Ceci nous ramène à la question centrale, éludée par les auteurs que nous venons de citer, le fantasme sexuel dans la relation mère-enfant et la place du père dans cette relation, qui, si elle n'est pas oedipienne, n'en est pas moins triangulaire.

Même si nous admettons le rôle structurant de la relation mèrefils, la question des identifications paternelles et de leurs implications ne peut être laissée de côté dans une approche de la sexualité.

Si nous nous reportons à la période qui a précédé la modernisation du Japon, l'ère Edo, au moins pour la classe dominante, la noblesse, les références à une image paternelle forte sont constantes. Nous nous proposons donc de réfléchir aux transformations intervenues pendant la période de formation du Japon moderne ère Meiji afin d'avoir une base plus précise nous permettant de poser le problème des identifications maternelles et paternelles dans la société japonaise contemporaine.

Nous avons vu que le système des relations à l'intérieur de la famille a peu changé de l'époque féodale ère Edo à l'ère Meiji. Ce qui a changé, et très considérablement, c'est le statut de la famille dans la société.

A une longue période de stabilité où la place de chaque famille était figée par le système des ordres sociaux, succède une période de mutations. Or, dans la société japonaise, l'image de la famille et celle du père se confondent. La première enfance se passe dans un monde à dominante féminine, très permissif, où, dans la distanciation des relations entre les parents, le jeu des premières identifications semble se constituer à partir d'un rapport mère-enfant conforme au schéma que nous avons indiqué plus haut, le père trop distant n'apparaissant pas directement comme un rival pour l'enfant.

Surtout, dans les familles nobles, le père, effrayant, un peu surhumain, apparaît situé dans un univers hiérarchique supérieur. Pour l'enfant, son image serait plus proche de celle du tonnerre que de celle d'une personne rivale. L'image paternelle est supportée par un système en chaîne où le père occupe une place qui renvoie aux ancêtres dont la présence dans la maison est attestée par l'autel des ancêtres et au seigneur féodal.

Il semble que les relations avec l'image paternelle et avec le suzerain se constituent à partir du mode de relations que l'enfant a déjà noué avec la mère, et qu'il se produise une sorte de retournement du modèle de dévouement et de consumation où l'enfant prend la place de sa mère.

Le père, supérieur à l'enfant, est lui-même dans une situation subalterne par rapport aux ancêtres, au suzerain, aux personnes plus âgées de même rang, etc. La loi régit des relations hiérarchiques et non égalitaires. Le dévouement qu'un noble japonais doit à son suzerain va jusqu'au sacrifice de sa vie. Le seppuku est une figure concrète de la mort chaque guerrier en apprend et répète les gestes dès l'enfance , symbole de la relation avec le suzerain, il ne prend sa pleine efficacité sociale que s'il a lieu sur l'ordre ou avec l'accord de celui-ci.

La forme du rituel renvoie aux valeurs, aux symboles et aux gestes virils du salut. Cependant, à l'analyser plus en profondeur, transparaît derrière cette forme l'association de l'image de la mort au repos et au sein maternel. Et nous pouvons reprendre l'interprétation d'Okonogi qui rattache l'image de la mort au processus de rupture de la relation fusionnelle mère-enfant, dont l'enfant fait porter la responsabilité et le ressentiment d'abord sur la mère.

Reste à savoir par quel processus l'enfant reporte ainsi son ressentiment sur un père qui lui apparaît inaccessible. Nous pensons trouver une réponse partielle dans l'intrication 'le la figure de la mort et des images parentales. L'acceptation de sa propre mort comme une valeur fondamentale de la culture des guerriers se comprend mieux ù partir de l'association première de la mort ù la douceur maternelle tachée d'ombre.

De plus, l'éducation des enfants nobles donne forme à cette image fantasmatique, car c'est la mère qui, la première, instruit l'enfant dans ce système de valeur où la mort est sans cesse présente. Ainsi, dans les récits de vie de guerriers, il est souvent rapporté que face à son jeune fils qui a manqué de courage ou s'est mal conduit, la mère, prenant un sabre, menace de le tuer et de se tuer avec lui s'il persiste à se montrer indigne de porter le nom de la famille.

La mère va s'éloigner de l'enfant qui grandit, en lui laissant la mort qui s'intègre au support de ses identifications viriles. Mais en , avec la destruction des ordres féodaux, ce système de valeur légitimation d'une autorité qui reposait sur les armes où la mort tenait une place centrale et dont la symbolique était celle du sabre va perdre son fondement. L'articulation de la figure du père et de la mort - emblème du pouvoir - est rompue. Cependant, en même temps que le gouvernement de Meiji détruit les ordres féodaux et abolit leurs privilèges, il impose paradoxalement à toutes les classes l'organisation et la morale de la famille noble, et la morale officielle va explicitement reporter sur l'empereur le dévouement jusqu'à la mort dû par le vassal à son seigneur, ceci avec une efficacité.

Sans prétendre dans le cadre de cet article traiter le problème des identifications masculines et de leur réarticulation au cours de l'ère Meiji, nous avons tenté de mettre à jour certaines questions: Les love-hotels location de chambre à l'heure qui ne sont pas spécialement destinés à la prostitution se multiplient, offrant souvent des équipements sophistiqués.

La prostitution, tolérée, continue sous des formes renouvelées à faire référence à sa tradition d'art de la séduction et de la jouissance. Significative est la mode éphémère des cafés où les serveuses en mini-jupe ne portaient pas de slip. L'interdiction et le désir s'équilibrant entre celles qui se montraient et ceux qui les regardaient avec discrétion.

La lave du volcan ressort entre les multiples interdits sociaux et moraux. De l'inceste à l'infanticide, les journaux multiplient la résonance des faits divers d'ordre sexuel et insistent sur la crise de la famille. C'est là, ce qui, sur le ton du fait divers et du scandale, est montré des changements qui affectent la sexualité.

En arrière-plan, ce qui reste implicite hon-ne et que pourtant chacun connaît est un affranchissement des jeunes générations à l'égard des contrôles sociaux, avec en particulier l'extension des relations sexuelles prénuptiales, surtout en milieu urbain. Même si, aujourd'hui encore, un certain nombre de mariages se font sur présentation, au cours des années cinquante et soixante, les Japonais sont passés du système des mariages décidés par la famille aux mariages par consentement mutuel, avec accord de la famille.

Bien que nombre de Japonais continuent d'habiter avec leurs parents, la tendance à l'accroissement de la proportion de familles nucléaires, qui dès avant la guerre était liée aux migrations urbaines, a pris une nouvelle ampleur. Est-ce à dire qu'avec les conditions de vie et de production contemporaines, la famille japonaise se modèle aujourd'hui doucement sur ses homologues occidentales, triangle oedipien et relations égalitaires?

Ce serait simpliste ; l'expérience vécue des parents d'aujourd'hui est celle des rapports familiaux que nous avons décrits et c'est sur cette base, décalée par rapport à certaines conditions objectives de vie que s'établissent des rapports entre hommes et femmes et que ceux-ci élèvent leurs enfants.

D'où provient cette évidence du pouvoir féminin, alors que, explicitement tatemae , dans les rapports de couple, l'homme continue de détenir l'autorité et la femme de le servir? Cela tient peut-être à une contraction des relations de la famille large dans la famille conjugale où la femme cumule vis-à-vis de son mari les positions d'épouse et de mère. L'affaiblissement de l'autorité paternelle et hiérarchique se reflète dans le langage par l'abandon progressif des formes traditionnelles de politesse.

Cependant, il semble que les jeunes, même à travers leur révolte', continuent de se référer au modèle traditionnel.

Plutôt que de tenter d'analyser les facettes changeantes de la modernité japonaise, nous avons cherché à faire apparaître ce que met en cause, dans la société japonaise, la modification des. La question des relations familiales est au centre des interrogations soulevées par la modernité japonaise. L'originalité du modèle traditionnel japonais nous semble résider dans la place que tient la figure de la mort dans l'articulation entre une image paternelle autoritaire inscrite dans une chaîne hiérarchique et l'image de la mère japonaise.

Nous avons essayé de saisir les transformations de ce modèle au cours de la période de l'industrialisation au Japon, faisant apparaître au sein de la famille large la dissociation de l'image paternelle et de la puissance de mort, et le renforcement de l'image maternelle.

Si ce qui est en cause aujourd'hui est l'articulation de la figure maternelle à la relation fusionnelle et à la mort, c'est une des bases profondes de la culture japonaise qui vacille. Gaudillère, A propos d'Amué, in Critique, no , janv. Doi, Amaé no Kozo, trad. Saunders, Le jeu de l'indulgence, Ed. Fujibayashi, Sei fudoti Description historique et géographique de la sexualité , Japon, Kojiki, Chronique des choses anciennes, Introduction et traduction M.

Nakane, La société japonaise, Paris, A. Nihon o shiru sho jiten, Petit dictionnaire pour connaître le Japon en 6 vol. Shakaï- shiso -sha, Schipper, Le corps laoiste, Paris, Fayard, Yanagida, Oeuvres complètes, vol. Mizuhayashi, , et Van Gulik, Aux époques archalques on donnait un titre hiérarchique aux lies comme aux êtres humains. Un noble japonais change de nom plusieurs fois au cours de sa vie.

Le changement de nom est lié d'abord aux étapes de l'approche de l'âge adulte, puis ensuite à la fonction sociale remplie.

Le nom de la lignée ou maison reste fixe. Fait historique Je note simplement que l' homosexualité masculine était connue et admise depuis bien longtemps au Japon. Référez vous au film "gohatto" pour les moeurs de bushi de l'époque classique ou bien aux "onnagata" du théâtre. Je ne mentionne qu'en passant l'oeuvre de l'immense Mishima Yukio.

Reportez vous à l'article "Le plus Français des Japonais" sur http: Je ne crois pas que ce soit si evident. Gohatto veut dire tabou et c'est bien de ca que parle Oshima. Je continue de lire Et là, je crois que je vais m'y mettre!! Alors oublie ce film Mirumo et reporte toi aux autres références que je donne.

Tu verras que les Japonais des siècles passés n'ont pas été atteint de la bigoterie compulsive de la majorité des occidentaux à ce sujet. Je note simplement que l' homosexualité masculine était connue et admise depuis bien longtemps au Japon. C'est ça Tout à fait Sarujuu; l'époque que tu cites correspond à ce que je nommais "classique" sans plus de précision. Ihara Saikaku est un bon exemple. L'ensemble du corpus proposé date non? La pillule est interdite?

Je parle de maintenant bien sûr. Finalement de plus en plus de japonaises prennent leur vie et leur séxualité en main et se sacrifient de moins en moins pour leurs familles, Une bonne synthèse de textes tout de même PS: En ce qui concerne la hauteur de la ceinture dans les arts martiaux , ce n'est pas simplement que les japonais ont le tronc plus le long que les occidentaux, et que la ceinture tient mieux sur les os illiaques?

Je n'ai jamais entendu parler de ce rapport au hara et de la pression de la ceinture dessus pour le stimuler. Parce que ça pourrait les traumatiser psychologiquement? On vous dit qu'ils ont aimé l'expérience, et qu'ils en sortent encore plus soudés qu'avant.

Parce que c'est dangereux pour la société? La société n'en saura rien, vu qu'ils gardent précieusement ce secret. Au final, si vous êtes, là encore, semblable aux sondés initiaux, vous allez bien être obligé d'admettre que, même si vous ne pouvez pas vraiment dire pourquoi, c'est affreux.

Voilà, c'est votre intime conviction, vous le savez et ça suffit, et qu'on insiste pas, sinon vous allez rendre. Cette étude conçue au départ pour montrer que nos jugements moraux sont bien plus émotionnels que rationnels et que la rationalisation tient plus d'une sorte d'opération de la deuxième chance que d'un réflexe fondamental à notre être intrinsèque, nous autres individus à gros cerveaux , vient de connaître ces jours-ci une amusante traduction avec une décision de la Cour européenne des Droits de l'Homme.

Patrick Stübing, c'est son nom, avait en effet saisi cette haute autorité en considérant qu'en le condamnant ainsi, la justice allemande avait violé son droit au respect de la vie privée et familiale. Outre-Rhin, la fin provisoire? Dans les colonnes de " Bild ", le député vert Hans-Christian Ströbele a ainsi déclaré:. Un avis pour le moins modéré , qui n'a pas été du goût de tout le monde, loin de là, à commencer par les journalistes du tabloïd pour qui le politicien:.

Selon son perfide raisonnement, si deux adultes veulent avoir des relations sexuelles, alors personne ne devrait pouvoir leur interdire de le faire. Mais quand une fille de 18 ans couche avec son grand frère ou son père, cela peut-il réellement se produire de façon volontaire?

Ou est-ce le produit d'un chantage affectif? Et la notion de 'volonté' n'est-elle pas précisément l'argument odieux dont se servent les agresseurs pour justifier leurs crimes? L'inceste est un crime moral parce qu'il est quasiment toujours accompagné d'abus et d'asservissement. Voilà pourquoi il est heureux que les juges aient aujourd'hui décidé de maintenir son interdiction.

Clair, précis, tranché, germanique oui, je me permets quelques stéréotypes faciles, laissez-moi. Le souci — en vous faisant l'économie du décorticage de volonté commun à taaaaaaaant de débats actuels migrainogènes — c'est qu'on n'est pas loin de l'argument circulaire: Parce qu'il est répréhensible.

Et pourquoi est-il répréhensible? Patrick naît en dans une fratrie de huit enfants. À quatre ans, battu par son père, on le confie à une famille d'accueil. S'en suit la naissance d'Erik en , de Sahra en , de Nancy en , puis de Sofia en Et la question que je me pose aujourd'hui mais vous l'aurez deviné: Dans ce couple "incestueux", nous avons affaire a deux frère et soeur qui n'ont pas été élevé ensemble. Ils ce sont connu tardivement. Le Japon au sortir de la guerre était à genoux. Les retombées de ce sacrifice collectif pour la reconstruction sont encore dévastatrices.

Bien sûr, chaque homme était un pion. Mais relever ainsi un pays de ses cendres… ça reste admirable. Tu parles un peu des gays au Japon… A. Une raison à cette absence tout à fait notable? Ce ne sont pas des lesbiennes. Tous les plaisirs, sans distinction de sexe ou de genre. Mais pas le yaoi: Dans les mangas gays par exemple ceux de Gengoroh Tagame , les personnages sont virils, baraqués, musclés et obsédés par le phallus. Le fameux Yama nashi, Ochi nashi, Imi nashi pas de point culminant ; pas de résolution ; pas de sens.

La réalité est toute autre: Donc il y a une sorte de légitimité bouddhiste totalement artificielle, bien sûr. Mais la religion sert tout de même de garant à une pratique sexuelle qui, ailleurs, passe pour déviante et dangereuse, etc. Il fallait combattre toute sorte de passion, homo ou hétéro. Non, non, on y vient, regarde Matrix rires! Donc, on est dedans. Encore que ce dernier soit assez prude: Le " mother complex " " mazakon " , on en a déjà parlé depuis le début de cet entretien… mais pour le lecteur, ça peut sembler abscons.

Ça marchait comment, tu veux dire. Pour toute la génération qui a été élevée sans papa, mais avec une maman omniprésente, ça a marché de la manière suivante: Il faut vraiment voir cela comme un cercle vicieux entretenu par les deux sexes, par les deux membres du couple.

Oui, il y a une indéniable reproduction du schéma, de la part de ces femmes. Si ça se reproduit, il y a de bonnes chances pour que ça continue pendant un sacré bout de temps. Mais toi, tu dis que ça change.

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Il y a un énorme boom du divorce chez les ans. Les vieux le confessent eux-mêmes: Et leurs enfants, qui avaient sacrifié leur jeunesse pour entrer dans de grandes écoles et trouver un bon travail, se sont retrouvés au chômage.

Et en veulent du coup à leur mère. As-tu entendu parler du "SOS femmes enceintes de leur fils"? Le schéma est simple: Pas la seule, bien évidemment. Mais elle est assez illustratrice de la situation pour être notée. Oui, des fans… A. Des idoles de quartier, mais idoles tout de même. Ou bien, ces hommes-là ont été fortement influencés par le puritanisme occidental.

Même ambiance "à la bonne franquette", avec salarymen rentrant du boulot, lycéens curieux, groupes de copines de passage, etc. Allons au bout de la démonstration: On pouvait même trouver des prêtresses de temple faisant office, le temps de la fête, de "prostituées sacrées", et qui comptaient ainsi parmi les attractions du temple.

Il faut insister sur ce point-là. A leur contact, elles, intermédiaires des dieux sur Terre, les hommes venaient se purifier. Le seul lien, le seul grand lien, est peut-être que toutes les sociétés ont besoin de refréner les pulsions sexuelles, car ces pulsions mettent en danger la rentabilité et la productivité des groupes humains!

La seule légitimité de la sexualité est donc la procréation… Certaines cultures laissent cependant à la sexualité un plus grand champ de liberté, notamment les sociétés polythéistes, et les sociétés animistes, dont le Japon fait partie. Ça ne va pas durer, ça non plus. Elles vont finir par diriger le Japon [ cf. Tu parles, dans ton livre, des hôtesses, "dont le rôle est de rendre supportable le séjour des hommes sur cette terre inconfortable du Japon".

Est-ce le fin mot? Ou bien également pour la femme? Quand on a vécu un tout petit peu dans ce pays comme tu as pu le faire, on a forcément expérimenté un tremblement de terre.

En espérant que ça le reste, puisque tant que ça va de ce côté On se salue sans se toucher, mais pour se soigner, se détendre, la pratique des massages faits par des non-spécialistes est courante. Les régulations sociales de la sexualité semblent marquées avec d'autant plus de rigueur que la connaissance du corps ne fait pas l'objet d'interdit et n'est pas frappée par le secret. Le bain Mizubayashi, est un moment important de la découverte du corps par les enfants.

En effet, il est d'usage au Japon de prendre un bain chaque soir, c'est un moment privilégié de détente qui marque le rythme quotidien. Jusqu'à sept ans environ, les enfants vont au bain public indifféremment du côté des hommes ou du côté des femmes, selon la personne qui les accompagne. A la maison les enfants ne prennent pas leur bain seuls, mais avec un adulte: Les baignoires sont plus profondes qu'en Europe assis, l'eau vous arrive jusqu'au cou et les bains sont chauds, souvent trop chauds pour le goût des enfants.

Aussi lorsqu'un petit garçon hésite à s'immerger, lui dit-on: Ainsi la première expérience de la nudité est-elle vécue et apprise dans le bain en tant qu'image et en tant que contact physique. La tension des testicules est évoquée sans censure et associée à la bravoure de l'homme et à son état psychique. C'est ainsi qu'au moment de la guerre russo-japonaise de , à l'instant d'engager une bataille navale décisive, l'amiral voyant ses soldats pâles et crispés les fit rassembler sur le pont.

Il leur parla d'un air solennel de l'ultime décision et du comportement attendu des soldats, et termina en disant: Si elles sont détendues, très bien, c'est que vous avez une réserve de courage et que vous êtes de bons soldats. Alors qu'il était déjà âgé, S. Chiba, maître de sabre renommé du XIXe siècle, fut attaqué dans la rue par un voleur armé d'un sabre, qui chercha à le tuer.

Immobilisant d'une main son adversaire, de l'autre il lui tâta les testicules et dit: Les hommes portaient traditionnellement la ceinture du kimono un peu au-dessous du nombril la pression exercée sur cette partie du corps la rendait ainsi présente à l'esprit. La sensation du hara, siège de la force, inclut les parties sexuelles. Il est d'ailleurs surprenant pour les Japonais de constater que les Européens qui font du karaté éprouvent une véritable terreur à l'idée de recevoir un coup dans les parties sexuelles et en surestiment l'effet.

Pour les Japonais ce sont des parties sensibles qui peuvent devenir une cible et qu'il faut par conséquent protéger par un entraînement technique approprié. Dans un autre registre, la lecture des revues hebdomadaires témoigne de la reconnaissance directe de la sexualité, en même temps que des censures sociales qui la canalisent. Les nombreux hebdomadaires que les Japonais ont l'habitude de parcourir rapidement pendant leurs longs trajets quotidiens ou en voyage, abordent les sujets les plus divers, parmi lesquels la question sexuelle.

Celle-ci est présente dans toutes les revues et tient beaucoup de place dans celles qui sont classées parmi les moins sérieuses. La sexualité y est généralement traitée avec légèreté et l'on considère qu'elle se prête mal à des articles sérieux.

Dans ces articles, souvent illustrés de photos, l'acte sexuel est traité en tant que technique: Les détails de la technique amoureuse sont expliqués avec la plus grande précision, en particulier ceux qui permettent à l'homme de retarder l'éjaculation 2.

Et dans les revues féminines, symétriquement, l'on indique comment plaire à un homme, explorer le domaine du plaisir sexuel et pratiquer la contraception dans un pays où la pilule est interdite avec un luxe de précisions techniques et de détails anatomiques.

Cependant, il existe au Japon une législation qui censure la représentation dessinée, cinématographique, photographique des pilosités et des organes sexuels. Les revues populaires comportent des bandes dessinées dont la particularité est un dessin soigné, expressif et souvent très précis. Les dessins de nus sont fréquents et les dessinateurs semblent souvent jouer avec la censure, traitant l'absence du sexe comme un moyen de le mettre en évidence par un vide blanc qui apparaît comme une tache lumineuse, des hachures ou parfois, à sa place, le dessin d'un objet de substitution évocateur aubergine, patate douce, fusée ou champignon pour le sexe masculin, plus rarement un coquillage pour le sexe féminin.

Dans les représentations de l'acte sexuel les postures sont très réalistes et variées. Ce parcours rapide pourrait donner l'impression que le Japon est un pays de grande liberté sexuelle, mais l'exercice de la sexualité se heurte à des barrières sociales considérables.

Le jeu de la censure et l'abondance des évocations de la sexualité sont significatifs, de l'importance du renforcement social de ces barrières toujours menacées car la sexualité ne fait pas globalement l'objet d'interdiction ou de culpabilisation d'ordre religieux 3.

Elle est, dans la tradition campagnarde, fortement associée à la fécondité de la terre 4. Dès les premières pages du Kojiki Kojiki, , recueil de légendes populaires datant du VIIe siècle, sont évoquées une sexualité joyeuse et ses formes de régulation: Ainsi, je pense que si j'enfonce et bouche ton endroit non élaboré avec mon endroit trop élaboré, nous donnerons naissance à la terre.

Comment imagines-tu la naissance? Malgré cela ils s'unirent dans leur chambre et eurent un fils: Ils l'abandonnèrent en le laissant dériver sur un esquif de roseaux. Puis ils enfantèrent l'île d'Awa awa frêle. Celle-ci ne compte pas parmi leurs enfants Les deux Kami réfléchirent tous deux: Il semble qu'il faudrait en faire part aux Kami célestes.

Et les kami célestes, après avoir pratiqué une divination en brûlant des omoplates de daim mélangées à du bois, répondirent: Descendez et répétez tout. Izanaki-no-Mikoto dit tout le premier: Puis se coiffant de branches de bambou liées du Mont-Parfum-Céleste, elle renversa un fût vide devant la porte de la grotte et claqua des talons.

Tout en dansant jusqu'au paroxysme elle découvrit sa poitrine et baissa la ceinture de son vêtement jusqu'à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante et les huit millions de kami se mirent à rire.

Mais pourquoi Uzu-Féminine-Céleste danse -t-elle et les huit millions de kami rient-ils ainsi ensemble? Le décalage entre législation et pratiques sociales a été considérable dans les années d'après-guerre. Et les rapports sociaux actuels sont profondément marqués par la famille patriarcale autoritaire qui, au Japon, a persisté légalement jusqu'en La nouvelle législation familiale a fait partie de l'ensemble des mesures imposées par les Américains après la défaite du Japon.

A l'inverse de ce qui s'est passé dans les pays européens Shorter, ; Flandrin, , la famille patriarcale s'est maintenue pendant la période de l'industrialisation capitaliste du Japon et a joué un rôle dynamique dans ce processus. Toutefois, entre et , la famille traditionnelle ne s'est pas maintenue telle quelle.

Nous allons essayer d'examiner la transformation des rapports familiaux, formes sociales de régulation de la sexualité, pendant la période de formation du Japon moderne. Une restructuration des relations familiales s'est produite au cours de cette période.

Selon notre hypothèse, le trait le plus marquant en est une subtile rupture de l'équilibre qui a paradoxalement abouti, à l'intérieur d'une structure patriarcale, en apparence de plus en plus autoritaire, à une prédominance des relations mère-enfant.

Déjà au début du XVIIe siècle, pour affaiblir les communautés locales, le pouvoir shôgunal avait instauré dans tout le pays des regroupements de familles dont les chefs devaient assumer collectivement la responsabilité pénale des fautes commises par l'un des membres du groupe.

En même temps, pour mieux les dominer, le gouvernement s'était attaché à formaliser et à unifier le mode de vie des seigneurs. L'obligation faite à ceux-ci de posséder une double résidence - à Edo Tokyo et dans leur fief d'origine - impliquant des déplacements à rythme régulier permit une unification des moeurs et assura une diffusion des mêmes modèles dans tout le Japon. Cependant le mode de vie des autres classes n'était pas régi de façon aussi stricte, et la paysannerie avait conservé une certaine diversité de coutumes car la séparation entre les seigneuries était très marquée et les déplacements strictement contrôlés.

Le nouveau groupe qui prend le pouvoir en début de L'ère Meiji restaure le pouvoir direct de l'empereur et se donne pour objectif primordial le maintien de l'indépendance du Japon par le développement d'un armement et d'une industrie modernes.

Il va supprimer l'ancienne organisation en ordres sociaux et chercher à stabiliser son pouvoir par un mode d'unification du pays qui se substitue à l'organisation féodale et permette une industrialisation à grande échelle. Pour y parvenir, il va s'appuyer sur les structures familiales. Isono dans leur étude sur l'institution familiale.

Ils ajoutent que, puisque ce mode de relation existait, dans le système précédent, entre les familles de seigneurs, il fallait s'en inspirer, en l'adaptant pour lui permettre d'inclure les croyances et les manières de faire des autres classes ; ce qui fut réalisé en s'appuyant sur le mythe de l'Empereur. La famille japonaise était, dans toutes les couches sociales, de type patriarcal, avec culte des ancêtres et respect d'une morale familiale.

Cependant dans les familles nobles, les règles de cette morale étaient plus formalisées et à la fidélité au chef de famille correspondait, hors de la maison, la fidélité exclusive au Seigneur auquel était dû un dévouement total. Avec la destruction de l'ordre féodal, le vide créé par la suppression de ces relations a fait prendre conscience de leur force. Et le nouvel Etat réussit à reporter les anciennes fidélités sur la personne de l'Empereur, figure concrète de l'Etat centralisé, auquel devait désormais se rattacher chaque famille.

Cela a été possible du fait que dans toutes les couches sociales existaient des relations hiérarchiques de famille à famille paysan-propriétaire à fermier, patron à employé, maître à disciple, etc. La relation à l'Empereur s'est constituée progressivement et, en , le rescrit impérial sur l'éducation a clairement défini que la morale familiale doit être enseignée et rapportée à l'Etat impérial conçu comme une famille.

Cette orientation passera dans les faits et se maintiendra jusqu'en La suprématie de la famille se manifestait dans la société japonaise par l'immersion des individus dans la communauté familiale. Dans la noblesse, l'influence du confucianisme avait contribué à la codification sous forme de morale de ce système familial qui traditionnellement reposait sur le culte des ancêtres.

Ce culte L'est pas basé sur da peur, mais sur le respect et l' amour des ancêtres, qui sont vécus quotidiennement comme la garantie de 'union de la maisonnée. Le chef de famille est celui qui représente 'ancêtre, source de da famille.

Il a de devoir vis-à-vis des ancêtres le protéger le bien familial et de prendre l'initiative au nom de la famille. Traditionnellement, il gérait les biens indivis de da famille. Dans la morale de l'époque, le chef de famille, responsable de ,'unité de production que celle-ci constitue, prend le pouvoir pour assumer le devoir qui lui est confié par d'Etat.

Nous retrouvons donc transposée da double responsabilité qu'assumait le chef de da famille féodale, responsable de celle-ci vis-à-vis des ancêtres et vis-à-vis du suzerain. Le résultat de da politique de la famille de l'époque Meiji va donc être d'unifier et de rigidifier un système familial déjà constitué qui va perdre da souplesse que lui laissaient des coutumes locales.

Si nous insistons sur ce point, c'est pour souligner qu'au Japon l'essor rapide du capitalisme industriel a été réalisé dans le cadre d'un renforcement des structures familiales traditionnelles. Celles-ci ont servi de ciment social et sont restées l'élément le plus stable dans le processus de transformation de la société, en même temps qu'un des éléments moteurs de la dynamique sociale pour laquelle les Japonais se sont investis dans da modernisation de leur pays.

Comment ce système familial encadre-t-il la sexualité? C'est pourquoi avoir un garçon est un devoir envers la famille, c'est pourquoi aussi il existait une coutume d'adoption, la continuité de da maisonnée place de chef de famille étant plus importante que celle du sang.

Dans da loi civile de Meiji Isono, , les maîtresses du mari n'étaient pas considérées comme épouses légales, mais leur existence était implicitement admise et, si l'épouse n'avait que des filles, le fils d'une maîtresse pouvait reprendre la maison. Tout au début de l'ère Meiji, da maîtresse pouvait être considérée comme une deuxième épouse légale, vivant hors de da maison, mais plus tard da loi a officialisé la monogamie, sans changer grand-chose aux pratiques.

Dans ce système, de plus important est da relation parentsenfants, la relation conjugale vient au second rang. De plus, la division entre des sexes est fortement marquée dans le travail à l'intérieur de la sphère familiale et dans les relations sociales avec les personnes venues de l'extérieur.

Les relations mère-fils et belle-mère-belle-fille représentent donc deux aspects du mariage japonais et, lorsqu'une jeune épouse entre dans da maison, les parents sont directement concernés par le mariage..

Et bien c'est très simple. Vous vous voyez expliquer à votre enfant en âge de comprendre et de découvrir la sexualité que "oui c'est vrai ton père et ta tante ont parfois des relations sexuelles, mais ça n'est pas grave, ils sont tous les deux d'accord. Oui le monsieur qui les a dénoncé à la police à des opinions trop arrêtés sur le sujet il n'aurait pas du le dire, maintenant tout le monde le sait et comme la plupart des gens ils ne comprennent pas.

Les enfants a l'école te disent quoi? Mais oui papa et maman s'aiment aussi bien sur! Non c'est different entre papa et maman qu'avec ta tante. Quelle est cette différence? Est-ce qu'ils sont amoureux? Est-ce qu'ils vont avoir un bebe? Est-ce que tu as le droit d'aimer ta soeur comme papa? Évidemment, l'acte isolé exécuté par ces deux personnes dans le plus grand secret n'aura aucun impact sur le monde, ou plutôt il n'en aurait eu aucun s'il n'avait pas été médiatisé et c'est là qu'on se demande où est passé le secret, et s'il est fiable de s'en remettre à lui , mais s'il est intellectuellement fallacieux de construire un raisonnement uniquement sur des exemples, il l'est encore plus sur un seul exemple, et encore davantage s'il s'agit d'un exemple qui n'entre même pas dans le cadre de la règle à démontrer puisqu'il s'agit là d'un exemple d'inceste isolé et non pas d'un exemple d'inceste parmi d'autres dans une société où il serait toléré.

Vous osez vous faire l'avatar du défenseur de la raison avec des absurdités pareilles? N'est-ce pas parce que c'est émotionnellement réconfortant que vous avez intégré la notion de l'assouvissement du désir individuel à tout prix? Si on n'avait pas découvert les camps de concentration, l'holocauste n'aurait-il donc pas été grave?

Vous n'imaginez pas les conséquences pour la société si ce genre de pratique prenait une grande échelle, à laquelle la dissimulation deviendrait qui plus est impossible Et pour qu'elle ne prenne pas une grande échelle, on ne peut que ne l'accorder à une minorité, ce qui serait profondément injuste, ou bien ne l'accorder à personne. Ça n'aura aucune influence autour d'eux. Pure pétition de principe, l'analyse raisonnée na pas été appliquée ici.

Mais pour le réaliser, il faut d'abord accepter la notion de responsabilisation sociale, qui enjoint l'individu à considérer dans ses choix l'intérêt de la société. Cette notion tombe de plus en plus en désuétude de nos jours, et on s'étonne de voir notre société se déliter. Évidemment, l'acte isolé exécuté par ces deux personnes dans le plus grand secret n'aura aucun i.

Moi qui me posais la question de pourquoi était-ce interdit, de pourquoi les gens trouve cela plus qu'horrible.

Je n'ai jamais eu de réponse car je n'ai jamais vraiment osé posez la question Qu'on ne me réponde pas impossible, c'est trop facile, personnellement ça ne me choquerais pas à défaut un fils et sa mère, une fille et son père je Certain pourrons penser que pour se poser ce genre de question, ne pas trouver cela choquant il doit bien avoir quelque chose?

C'est du vécu mais je me pose toujours la question. Ainsi on peut voir des institutions de mariages croisés dans des groupes totémiques distincts dans les communautés amérindiennes.

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